CAFZIC
TURTLE RAMBLERS form Paris &
RED EYE BALL from Périgueux
ON TOUR
2009
Deux excellents groupes, un split 45t tout juste sorti, vous savez comme j’aime les compte-rendus de concert alors pourquoi s’en passer...
La chronique
TUTRLE RAMBLERS / RED EYE BALL
Split EP 7'' (Some Produkt)
Si vous avez décidé de rester un long moment sur le trône, lieu toujours privilégié pour la lecture d'un zine vous pourrez vous brancher longuement sur la collaboration TURTLE RAMBLERS / RED EYE BALL. Scène-report et chronique étant prévus, attaquons le 2ème, la chronique. Un split 45t est sorti grâce aux activistes périgourdins de SOME PRODUKT. Support à tournée, ce genre d'objet est plus qu'une simple collaboration, c'est une aventure, un partage d'humeurs de vibrations, j'aime. RED EYE BALL ici c'est très country, profond, belle voix, calme, serein et chaleureux, superbe. TUTRLE RAMBLERS c'est un de mes coups de coeur depuis un moment, des titres comme celui présenté ici il y en a une ribambelle sur l'album, parfait complément, de belles couleurs apparaissent, changement de saison, il y avait un petit quelque chose du KID PHARAON et de ses LONELY ONES, un autre temps, d'autres mœurs, quand l'humain dépassait l'électricité, quand l'homme parlait avec ses tripes, montrait ses sentiments plutôt que son matériel et ses capacités sportives... Ca fait du bien au cœur ! ! ! (NQB)
L’aventure
Signé : Jack TURTLE
Alors, cette tournée commune RED EYE BALL / TURTLE RAMBLERS ?
Ben, une tournée un peu spéciale, et ce à plusieurs titres. Déjà, pour commencer, c'est l'occasion de jouer avec des
amis sur 4 dates + 1, ce qui ne se boude pas. RED EYE BALL, Jean-Jean, Gaby et Sylvain. Ah ce Jean-Jean, donc, dit
« L'Infatiguable », ex-THOMPSON ROLLETS (un des grands groupes français des 80's), ex-SQUAW IT UP, ex-FLUCK, etc. L'homme à la casquette et animateur invétéré du Périgord, toujours aussi jeune. Sans oublier Momus, l'un des deux soundman les plus cools que je connaisse et Dieu (Fuck !) sait qu'on trouve un sacré paquet de connards dans cette confrérie. Ensuite, et encore mieux, fêter en commun la sortie toute fraîche de notre split single vinyl (et en vendre aussi quelques-uns, accessoirement). Et pour finir, à titre personnel, je dois retrouver Cécile à La Rochelle (la deuxième date)
avec qui... Cécile qui, d'ailleurs, vous dit bonjour mais qui, pour l'heure est partie faire un tour à Beaubourg, parce que depuis trois jours qu'elle est là, évidemment ce foutu article n'avance guère. M'enfin, comprenez-moi bien, je ne veux pas lui mettre mon retard sur son (joli) dos. Mais faut juste vous dire aussi qu'on habite à 900km l'un de l'autre ! Bref, ça y est, je m'égare. Alors, revenons à nos moutons et au début de l'affaire, donc.
En fait, toute l'histoire remonte à un gros paquet de mois, à l'occasion d'un concert qu'on donnait dans un charmant village, entre Agen et Périgueux, Momus était venu nous faire le son, Jean-Jean était là aussi, du coup, accompagné de Marc de l'asso SOME PRODUKT, autre activiste notoire de la scène périgourdine. Les VEGAS aussi étaient passés nous dire bonjour. Entre parenthèses, tout ce petit monde n'avait d'ailleurs pas calculé que ce n'était pas si près que ça de Périgueux Hi ! Hi ! L'idée est partie de là, Marc voulait lancer une série de split 45t et du coup, nous propose de partager la galette avec RED EYE. Nous, bien sûr, on répond okay, avec joie, surtout que l'année qui vient de s'écouler n'a pas toujours été facile, des problèmes de disponibilités, pas énormément de concerts et le dernier disque bien distribué mais peu vendu, à rembourser. Restait plus qu'à embrayer, pas si simple. Premier écueil, à cette époque, on a six ou sept nouveaux morceaux en chantier, mais au vu de nos répèt's en ordre dispersé, aucun n'est totalement abouti. Le choix sera finalement assez simple : ce sera « Kiss Landing On Mars » qui, hormis le fait qu'il soit de moi hé! Hé !, est celui qui est le plus avancé et colle bien avec la face RED EYE (les salauds, z'ont déjà enregistré, eux !). Bon, ça c'est fait. Ensuite trouver le lieu où l'enregistrer. Et là, merci aux DREGS (qu'on retrouvera plus loin) qui nous indiquent le studio, avec Jean-Paul aux manettes, cool guy). Et c'est pas le tout, reste aussi le nerf de la guerre : l'argent. Bon, tout ça à peu près au point, nous a plus resté qu'à trouver une date commune, bosser et re-bosser le morceau et... l'enregistrer vite fait bien fait. Après, bien sûr, la pochette (merci Fred), le livret (merci Sam et Yann), l'usine, avec qui il y a eu quelques soucis (ils ont confondu gatefold 45, pochette ouverte à l'américaine et... format 33 tours!!!). Du retard, donc. A tel point, qu'on a reçu les foutues pochettes la veille du départ. Ouf ! ! ! Et donc, ça y est après une courte nuit (hé oui ! Comme d'hab'), rencard avec Thierry à 7h et quart du mat', pour rejoindre Guétoune à 8 heures, charger le matos, passer prendre Sam avec sa batterie et vroum, enfin. Direction Périgueux ! Géraldine, elle, nous rejoindra là-bas en train, Alex aussi, mais lui venant de Marmande. Ben quoi, c'est simple, non ? Et si notre dernier périple dans le Sud-Ouest s'est déroulé sous un grand soleil, cette fois-ci on est prévenu d'emblée, ça ne va pas être la même chose : brouillasse de chiotte et froid, les quatre jours seront du même acabit avec même plus ou moins tempête à La Rochelle et à Chartres, m'enfin, on est au mois de novembre mais on s'en fout, tout à la joie du périple avec les potes de RED EYE. Le voyage se déroule sans encombre, Guétoune et Sam se partagent le volant (ben oui, Thierry et moi, on n'a toujours pas le permis boouuhh). D'ordinaire le camion est non-fumeur, mais c'est bien connu, quand le chat n'est pas là, les souris dansent, alors on en grille évidemment quelques-unes. Mmmhhh ! C'est bon ! ! ! Nous voilà arrivé à Périgueux, le temps de trouver le bar où on joue, Les Couleurs, qui porte bien son nom, tout frais et pimpant. Le couple qui tient l'affaire nous y accueillent chaleureusement et bien sûr, on retrouve toute la troupe, Jean-Jean, Gaby, et Sylvain de RED EYE BALL, mais aussi Momus qui nous fera le son tout du long. Marc bien sûr également, aux anges de pouvoir enfin contempler le petit bout de vinyle (faut dire qu'on l'a échappé belle). ALAIN FEYDRI, le journaliste émérite (et digne, si, si, ça existe. Tiens, lisez son bouquin sur les KINKS !). Pif, Cilou et tous les autres arrivent au fur et à mesure de la soirée. Installation du matos, balance pour RED EYE, et bien sûr, la bouffe (mmmhhh cette soupe ! Merci M'dame !). Le monde commence à arriver, en fait, ce sera le jour le plus complet, le bar est plein à craquer et il y en a en permanence un gros paquet dehors. Les RED EYE BALL s'y collent, et d'entrée, on voit le chemin parcouru depuis leurs débuts, où on avait d'ailleurs déjà joué ensemble (Périgueux avec God????). Ils se sont complètement approprié le truc, soudés, Jean-Jean a un son magnifique, et il chante encore mieux qu'avant, Sylvain et Gaby assurent derrière comme des chefs. Bref, ça décolle, ils jouent le 45 avec les choeurs (et oui, les filles sont là !), nous balancent une version surprenante de « The sound of silence », le set est diversifié, passe du doux au brutal, et au rampant aussi, ce qui n'est pas pour me déplaire. Vrai, ça commence bien ! L'ambiance est à l'enthousiasme, Delphine (Lady Calling, une « grande » dame !) les rejoint à un moment, le groupe, « à la maison » fait un petit triomphe. Mais c'est pas le tout, ça va être à nous, on démarre plutôt bien, même si pour nous, le premier concert est souvent un concert de rodage. Alors, oui, tout ne sera pas parfait mais n'empêche, le public répond au quart de tour, Thierry assure comme une bête et à la finale, on s'en sort avec un plus que les honneurs. Ouuiiii ! ! ! Rendus là, tout le monde est très chaud et c'est le moment que choisit Jean-Jean pour lancer le boeuf (une constante de toute la tournée). « You're gonna miss me », « Gloria », ce genre... Un peu erratique parfois, mais l'enthousiasme commun arrache tout. Delphine, à un moment, obtiendra de ma gratte et mon ampli un son... heu... plutôt surprenant sur un hachage de riff plutôt sauvage. Yeah ! ! ! La soirée se termine…, au café, je veux dire. Parce qu'ensuite, on déboule chez Marc, chez qui la plupart d'entre nous sont censés dormir. Moi, je vais préférer profiter de l'occasion pour aller voir la petite maison de Momus, tranquille dans la campagne, pas sûr que je repasse à Périgueux d'ici un moment. On passe quand même d'abord chez Marc, histoire de continuer un peu la fête, au programme bière, vin, et surtout un jambon, mais un jambon... mémorable ! ! ! Quand même, au bout d'un moment, on décolle avec Momus, le Pif et la Cilou, la maison est bien comme je l'imaginais, à l'ancienne et rien autour. Un plaisir. Du coup on prolonge encore un peu trop. Idiots…, et finalement, enfin, on se couche, je m'endors en pensant à... Le lendemain matin, surprise, il fait beau, froid mais beau, bien sûr, Cécile occupe encore mes pensées, d'autant que c'est ce soir que je la retrouve à La Rochelle. Impatient, et un peu angoissé aussi.
Après un bon déj' et une douche, et la tête bien en vrac, il faut bien le dire, on part retrouver les autres chez Marc. Après les au-revoir, nous voilà partis, direction la mer et... Ce soir, on joue au Barbarella, le troquet rock de La Rochelle et Laurent, un ancien de l'asso GET ACTION de Paris tient le bar. Le temps s'est gâté et ça n'ira qu'en empirant. Quand on arrive sur le vieux port, ça tombe sévère. Bonjour, bonjour, on décharge le matos. On retrouve Seb qu'on a connu à Sainté (Ah Saint-Etienne !, je pourrai vous en raconter un paquet là-dessus, simplement, si vous croisez un jour les CLEAN CUTS, LUX MENTAL HOSPITAL, BRAND NEW HATE, THE DITCH, n'hésitez pas, allez-y les yeux fermés, bonne soirée assurée) chez qui on doit dormir. Enfin, moi, pour l'instant, je ne sais pas encore où je vais dormir, vu qu'avec Cécile, forcément, on voudrait être tranquille, en tout cas, si possible, pas dormir entassés dans une pièce. Pour l'instant, elle n'est pas là, je suis rien de moins que nerveux, et puis oui, la voilà ! Au début, timides tous les deux mais rapidement, on s'éloigne du groupe et on décide d'aller manger six huitres avec un verre de blanc. Pour finir, enlacés au milieu du carrefour, à s'embrasser comme des morts de faim, pendant... Etonnement, personne ne nous klaxonne, ni même ne nous apostrophe ne serait-ce que pour rigoler bien grassement, sans parler, bien sûr de nous écraser ! Z'ont dû sentir l'amour, je crois. Cool et merci à eux. On revient donc vers le club. Et il n'y a toujours personne. Aïe ! D'autant que le temps se déchaîne, il pleut à verse et il ne fait pas chaud. Du coup, toute la soirée va un peu se dérouler sous le mode familial, dix, quinze entrées payantes et nous mais l'ambiance est excellente et les RED EYE vont nous balancer un des deux meilleurs concerts de la tournée. Un peu comme en répèt', un gros gros son, très inspiré, et en tout cas plus psychédélique que jamais. Notre set à nous va être un peu plus tortueux, il faut bien le dire, un peu à cause de moi, sans doute un peu trop ailleurs, stressé aussi (merde ! Je devrais pas !). On va quand même sortir quelques versions du tonnerre de Dieu (Beurk !), Thierry nous pond encore un grand show (et encore, rien à côté du lendemain). A un moment, on est même sept sur scène, la grande plante verte est parmi nous, même si le public est maigre, il se manifeste bruyamment, z'ont l'air d'apprécier. Le boeuf de ce soir sera le plus long de toute la tournée, des tas de versions, un joyeux bordel, de très beaux moments, Pif (qui nous a suivi) qui s'y colle, à la batterie, et même au chant, sans oublier celui dont je ne me rappelle plus le prénom, désolé, à la guitare, qui, en plus d'être un joyeux compagnon, est excellent et n'y sera pas pour rien question réussite. Quand, tout de même à un moment, ça commence à bloquer sur le choix des morceaux, Laurent du bar, en profite pour demander du RADIO BIRDMAN, problème, personne ne possède trop ça en stock, du coup, je propose TEENAGE KICKS et c'est reparti pour un tour, enfin, vous voyez le genre. Encore un grand merci à toute l'équipe et à Laurent, qui, loin de faire la gueule vu le peu d'affluence, nous assure qu'il a passé une excellente soirée. Malgré nos réticences, il nous paiera rubis sur l'ongle sans se poser de question, un grand merci, également bien sûr aux quelques personnes qui ont bravé les intempéries pour venir nous voir. Trop cool, les gars et les filles. Ah ! Et mille excuses tout de même à Moa (l'amie de Nath de Sainté) à qui je n'ai pas consacré beaucoup de temps, occupé que j'étais tout à mon amour. Next time, okay ? ! Mais c'est pas le tout, arrive l'heure de bouger, problème Cécile et moi, qu'est-ce qu'on fait ? Bon, on décide quand même de passer chez Seb avec tout le monde, et on verra après. De toutes façons, elle a le matos dans sa voiture, tente et tout le tintouin. Chez Seb on se rend compte qu'il y a un grand jardin. Plus de question on dort dehors et là va s'ensuivre un joyeux épisode de la tournée. Les autres se marrent quand on leur annonce ce qu'on va faire, il pleut à verse et le vent est à décorner les boeufs. Bien sûr, le terrain est plein de cailloux et on arrive difficilement à planter quatre sardines. N'empêche, on s'engouffre sous la toile, trop heureux pour finir plus tard (entre temps le vent et la pluie ont encore forci), la tente complètement déplantée, en fait, on est pratiquement sur le toît et la pluie rentre à l'intérieur. Ha ! Ha ! Ha ! Rien d'autre à faire, je tente une sortie pour refixer le bordel, même pas froid dis donc. Et grâce à l'aide de quelques gros cailloux, on va pouvoir finir tranquillement notre nuit dans les bras l'un de l'autre. Très courte nuit évidemment. Le matin, le temps est toujours dégueulasse et on traîne pour sortir de sous notre petit abri. Pif finira par appeler sur le portable de Cécile. Mais, ouf on a quand même échappé aux vannes potaches, typique des tournées. Voyez le genre...
Bon, c'est reparti, un peu difficile au début, bien sûr. On traîne pas mal sur le p'tit déj’ mais on a quand même une longue route à faire La Rochelle-Paris. A la maison, quoi, pour les TURTLE. En fait, hier soir, Cécile m'a dit d'emblée qu'elle abandonnait sa destination première (les Sables d'Olonne) et prolongeait jusqu'à Paris. D'entrée, le bonheur! Du coup, je vais faire le trajet avec elle et le Pif aussi qui, finalement, décide n'avoir trop rien à faire par chez lui. S'ensuit un
moment hors groupe avec Pif qui « comatera » à l'arrière plus ou moins tout du long et Cécile et moi à l'avant... juste ensemble. Le temps est toujours exécrable et je me dis qu'il va cailler sévère à l'arrivée ce qui se confirme quand on déboule à Bagnolet. En plus, on joue au Parvis de Bagnolet qui, comme son nom l'indique se trouve sur... Espace, donc, ouvert à tout vent. Et du vent, il y en a gla gla ! On retrouve les autres, plus ceux qui ont préparé le terrain avant qu'on arrive, des potes avec qui on organise régulièrement des concerts. Ah L'organisation de concerts, voilà un sujet qui mériterait un papier à lui tout seul. Disons simplement qu'il y a des périodes fastes et d'autres un peu moins propices. Et en ce moment, c'est pas le top, trop de choses (surtout à Paris), pas assez de lieux et le public qui n'est pas extensible non plus. Mais le Parvis est un bon endroit, les gens qui le tiennent sont cools, lâchent un peu de monnaie et on peut faire du bruit sans problème. Autant dire que par les temps qui courent ici c’est une aubaine. Seul « défaut », un tout petit peu excentré et les gens ont du mal à se déplacer. A l'arrivée, on comptera une quarantaine d'entrées payantes, plus les groupes et les potes, on se retrouve à un bon petit paquet avec une bonne ambiance. Les groupes, justement, ce soir, on a rajouté THE DREGS, yeah ! Les DREGS! En plus d'être des de bons potes, c’est un excellent groupe. Pour faire court et vous donner une idée, des sortes de UNDERTONES australiens, voyez le genre, qui sont passés de cinq membres à quatre. C'est leur deuxième concert dans cette formation, je crois et ce qu'ils ont un peu perdu est largement contrebalancé par le côté plus sauvage, plus improvisé. Bon, pour l'instant, ils énervent un peu notre Momus, vu que quand ils sont enfin prêts pour la balance, ils décident... d'aller manger. Faut dire aussi que les copains et copines ont assuré à ce sujet. Bref, la soirée se prépare doucement, ça papote dans tous les coins, ça picole aussi gentiment bien sûr, d'ailleurs à ce propos, je remarque tout de suite que Thierry, qui était au whisky dès le petit dèj', n'a pas dû beaucoup lâcher l'affaire depuis. Pas très loin de l'état dans lequel il s'est retrouvé un jour à un de nos concerts à Saint-Etienne (Aïe ! ! !), sauf que cette fois-ci il n'a pas l'air d'avoir dépassé la limite, ouf, je sens qu'il va nous sortir un grand numéro mais on n'en est pas encore là. Pour l'instant, c'est au tour des DREGS de se lancer, tout de suite, le Denis qui dégouline de wha-wha, Tintin et sa basse magique, Olive qui martèle et Marc qui chante toujours aussi bien. La parfaite entame, ça pousse au cul direct et tout le monde se retrouve motivé à bloc. Les RED EYE BALL vont pouvoir rentrer en piste pour ce qui restera, pour moi au moins, comme leur tout meilleur show de la tournée, même si la veille... Mais là, ce soir, c'est le concentré parfait de ce qu'ils peuvent faire, l'essence même de leur musique, l'état de grâce, quoi et je décolle, je suis
loin d'être le seul d'ailleurs, même si le public est plus habitué au garage ou au punk dur. Ce soir, leur psychédélisme noisy rock'n roll si puissant et inspiré emporte toutes les faveurs. Yeah ! Jean-Jean is the best ! Arrivé là, plus beaucoup de questions à se poser, il va nous falloir pondre un grand set et c'est là que Thierry va nous y aider, et pas qu'un peu. Bon, je ne veux pas me faire le défenseur de l'abus d'alcool, mais là, il est au top et pour le suivre, il va nous falloir mettre le turbo et c'est ce qu'on va faire. Soudés comme un seul homme et une fille, il va nous entraîner loin, surtout ne pas le perdre Ha ! Ha ! Le grand numéro, à la fois complètement sauvage et complètement débile, Lux Interior style, ça vous rappelle rien ? Il nous rend parfois même un peu inquiet, il va encore se faire mal le con, mais non, il contrôle et en plus il chante bien. Et nous d'envoyer la sauce, encore et encore, de temps en temps, vu la configuration, il échappe à notre vue, et nous d'essayer de le ramener, on appuie, on appuie... Brusquement, qu'est-ce que je vois apparaître ? Non, j'y crois pas, comme un sombrero géant avec deux bouts de jambes en dessous, c'est pas vrai il a trouvé un immense parasol de terrasse et il l'a ouvert ! A ce stade et depuis un moment, les gens du bar sont comme tout le monde à la fois légèrement inquiets et la banane jusqu'aux oreilles. Un peu plus tard dans le set, je m'avance pour faire des choeurs, et visiblement, je n'ai pas de son, je me dis que Momus a dû oublier d'ouvrir le micro, Bizarre, pas le genre, quand même. En fait, j'aurai la réponse plus tard, quand Jean-Jean me montrera deux câbles sectionnés net. Ben oui, ça, c'est arrivé quand Thierry a pêté son pied de micro, l'embase projeté a fait office de hâche ! ! ! Balaize ! Une question, cependant, que raccordait le deuxième câble ? Ha ! Ha ! Ha ! Bref, un joyeux chaos! Je suis content, une super soirée, deux groupes que j'aime, et nous qui mettons le feu waouh ! Et Cécile... Ensuite, dorénavant traditionnel, le bœuf, ce soir, c'est Manu qui s'y colle et Denis des DREGS aussi, un peu au ralenti, lui Hi ! Hi ! On aura même le temps, devant l'insistance de Dana, de faire un morceau avec THE DANASTRONGS.THE DANASTRONGS ? Thierry à la basse, moi au chant, Yann (ex-MEGASONIC BOOM BLAST) à la guitare et Dana sa fille (d'aucuns croient que c'est la mienne, mais non !) à la batterie. Pour une version de « Stop » des DIRTBOMBS, heu... plutôt Sonicyouthtienne ! Encore plus tard, on ira coucher les RED EYE chez Thierry et on finira à quelques-uns chez moi. Et une deuxième nuit avec Cécile. Mais chuuutttt ! ! ! ça ne vous regarde pas, ça.
Le lendemain, objectif Chartres ! Et une journée plutôt triste, forcément, pour Cécile et moi, puisqu'on va devoir se séparer, ce qui se fera sur une aire de péage, snif ! Je change de voiture et... à tout de suite. Le temps est à l'image de mon humeur, toujours aussi pourri. Je reste songeur tout le reste du trajet. En fait, on est parti tard et en plus, on se paume pour trouver la salle, ce qui fait que, quand on arrive les RED EYE sont déjà là depuis un bon moment, ce ne sont pas des tortues eux ! Harold et sa petite équipe nous accueillent. Z'ont fait les choses bien, eux aussi. Une grande salle dans un foyer d'accueil, la pompe à bière qui fonctionne nickel, et de la bouffe, en veux-tu, en voilà. Une bonne promo aussi, journaux, radios, même si, encore une fois, on se retrouvera avec seulement une quarantaine d'entrées payantes. Mais comme d'hab', l'ambiance est excellente, chaleureuse à souhait et les gens charmants. Par contre, la tempête s'est carrément levé sur Chartes, ce qui ne facilite pas les sorties. Moi je suis toujours songeur, un peu inquiet pour Cécile, elle a une bien longue route à faire toute seule, pourvu qu'elle n'ait pas ce temps-là tout du long... N'empêche, en attendant, on commence à s'arsouiller gentiment, Thierry est quand même beaucoup plus clean que la veille. Par contre, Jean-Jean et Sylvain, eux, n'hésitent pas trop ce soir hi ! hi ! Mais ce soir, c'est la dernière date et ce sera aussi le seul soir où on dormira tous au même endroit, cool ! On va pouvoir fêter ça ! ! ! Mais j'anticipe, là. Avant ça, comme hier, il y a un troisième groupe au programme THE MISTERY MACHINE avec, au moins, un ex-AMBULANCE, toute une époque. Des retrouvailles avec Jean-Jean et patati et patato... Eux vont assurer un set assez tendu, qui sonne assez THUGS, pour situer. Ha ! Ha ! on ne se refait pas, hein ! Encore une fois, ça commence bien. Les RED EYE BALL, eux, vont faire de bonnes choses, même si ce n'est pas leur meilleur concert. Jean-Jean est un peu aux fraises, même si, attention, un Jean-Jean aux fraises vaut largement mieux que beaucoup d'autres, c'est juste que ça flotte un chouïa. Par contre, Sylvain va nous faire un grand numéro, déchaîné et complètement dedans, des bonds partout, avec sa Rickenbaker qu'il a fallu scotcher juste avant le concert... Y'a pas à chier, z'ont bu un peu plus que d'habitude, ce soir. Le public, lui, depuis le début, est excellent et chaleureux, pas là pour se faire chier, quoi, il répond favorablement aux
groupes. Nous, on va sortir ce qui intrinséquement, est probablement le meilleur concert des quatre soirs, même si j'ai préféré celui d'hier. Pour un public qui ne nous connaît pas, ce soir, c'est parfait. Moins sauvage, évidemment, mais plus carré, plus... beau peut-être, une meilleure mise en valeur des chansons, c’était le set qu'il fallait sortir ce soir, je crois, on a encore convaincu un petit paquet de gens, youpi ! La soirée se terminera beaucoup plus tard chez Harold qui nous accueille tous chez lui. Une bonne manière de se dire au-revoir avec les RED EYE BALL. Pas pour si longtemps puisqu'on les retrouvera trois semaines plus tard pour un concert au Havre où nous, les TURTLE, joueront dans une formation réduite, à quatre (pas tous dispos) et où heu... je me retrouverai avec un son défenestrant et un jeu défenestré ! Aïe ! Ouille! Encore une fois un accueil nickel et une ambiance du tonnerre, c'est Le Havre, quand même ! En attendant, on se finit tranquillement chez Harold (qui s'endormira comme un bébé sur sa chaise). Momus est au top, j'suis pas mal non plus. Après avoir quitté Cécile, j'avais évidemment un peu prévu de me mettre sur le toit ce soir,même si ça ne marche pas tout à fait... Et puis, quand même, dodo. Le lendemain matin, les RED EYE BALL repartent à Périgueux alors… et ils sont pas rendus ! ! ! Harold doit encore nettoyer la salle et nous, ben, on s'en sort bien, on a pas trop long à faire pour rentrer même si on on se doute que les jours à suivre vont pas être faciles, faciles... A bientôt ! A bientôt !
Et vient le moment des remerciements : à tout bien tout honneur, merci à Yann de nous accueillir dans le fanzine, et désolé pour le délai un peu limite; merci à tous ceux qui nous ont accueillis et qui se sont mis en quatre, merci à ceux qui sont venus nous voir, eux qui savent être encore curieux et apprécient la musique vivante, merci à Marc pour le 45, et sans qui... Merci à Momus (Le soundman le plus cool de la terre ! ! !); merci aux DREGS et aux MISTERY MACHINE, nos frères de galère, eux aussi en mission... Et merci évidemment aux RED EYE BALL, ça a été trop un plaisir les gars (ou devrai-je dire les vieux solides ?). And right now, I smile ! Et pour toi, Cécile, merci de tout simplement exister !
Jack Turtle